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4,5 milliards USD des EAU : un nouveau levier stratégique pour le solaire et le stockage en Afrique

Un nouveau levier stratégique pour le solaire et le stockage en Afrique News

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L’annonce d’un engagement de 4,5 milliards USD des Émirats arabes unis (EAU) pour financer plus de 60 projets pour le solaire et le stockage en Afrique marque une étape majeure dans la dynamique des investissements énergétiques sur le continent. Cette initiative, dévoilée lors du 39e Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, s’inscrit dans le cadre de l’Africa Green Investment Initiative et cible des projets solaires, éoliens, géothermiques, de stockage par batteries et d’hydrogène vert.

Au-delà du volume financier, cet engagement de 4,5 milliards USD des EAU constitue un signal stratégique fort pour les marchés énergétiques africains, notamment dans un contexte de compétition internationale accrue pour l’accès aux ressources, aux marchés émergents et aux opportunités de transition énergétique.

Un engagement financier structurant

Les 4,5 milliards USD annoncés ne représentent pas une promesse isolée. Ils s’inscrivent dans une stratégie cohérente des Émirats visant à renforcer leur présence en Afrique à travers des investissements dans les infrastructures énergétiques.

Le financement sera déployé sur plusieurs pays africains et concernera plus de 60 projets. L’approche se veut multisectorielle, combinant solaire utility-scale, éolien terrestre, géothermie, stockage d’énergie et hydrogène vert. Cette diversification reflète une vision intégrée de la transition énergétique, où la production renouvelable doit être accompagnée de solutions de flexibilité et de décarbonation industrielle.

Pour les marchés africains, cette enveloppe constitue un levier potentiel d’accélération, notamment dans les pays où les contraintes de financement freinent le développement de projets bancables.

Le rôle des acteurs émiratis en Afrique

L’engagement financier des EAU s’appuie sur des acteurs déjà fortement implantés sur le continent.

Masdar, Abu Dhabi Future Energy Company, est aujourd’hui l’un des développeurs renouvelables les plus actifs en Afrique, avec des projets solaires et éoliens en Afrique du Nord, en Afrique de l’Ouest et en Afrique australe.

AMEA Power, autre acteur clé, développe également des projets solaires utility-scale dans plusieurs pays africains, avec une stratégie centrée sur les marchés émergents.

TAQA et d’autres entités énergétiques émiraties participent à des projets d’infrastructures électriques, renforçant la présence des EAU dans la chaîne de valeur énergétique.

L’annonce des 4,5 milliards USD consolide donc une présence déjà structurée, et pourrait accélérer la conclusion de nouveaux partenariats IPP et PPP.

Le solaire et le stockage : une priorité stratégique

Parmi les technologies ciblées, le solaire photovoltaïque et le stockage par batteries occupent une place centrale.

L’Afrique dispose d’un des potentiels solaires les plus élevés au monde, mais le déploiement reste inégal. Dans de nombreux pays, la principale contrainte n’est plus technologique, mais financière et structurelle.

L’intégration du stockage est particulièrement stratégique. Les projets solaires utility-scale nécessitent de plus en plus des solutions BESS pour :

stabiliser les réseaux fragiles, gérer l’intermittence, améliorer la bancabilité des projets, réduire la dépendance aux centrales thermiques de secours. L’inclusion explicite du stockage dans l’initiative des EAU montre que la nouvelle génération d’investissements africains ne se limite plus à la simple capacité installée, mais intègre la dimension systémique du réseau.

Rédaction : Bertrand GUERI