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Le point sur l'énergie solaire et les énergies renouvelables en Afrique

Le changement climatique menace l’avenir solaire de l’Afrique en raison de l’augmentation des pénuries d’électricité synchronisée

SOLARQUARTER

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Une nouvelle étude a soulevé des inquiétudes quant à l’avenir de la transition africaine vers les énergies renouvelables, avertissant que le changement climatique pourrait avoir un impact significatif sur la production d’énergie solaire à travers le continent. Les chercheurs ont constaté que plusieurs pays africains connaissent de plus en plus une faible production d’énergie solaire en même temps, un phénomène décrit comme des « événements solaires synchronisés de faible intensité ».


Les résultats remettent en question une hypothèse clé qui a guidé la planification des énergies propres en Afrique pendant des années. Les planificateurs énergétiques ont généralement estimé que les réductions liées aux conditions météorologiques de l’énergie solaire resteraient limitées à des emplacements spécifiques, permettant aux pays voisins de fournir de l’électricité de secours via des accords régionaux de partage de l’électricité. Cependant, les nouvelles recherches suggèrent que le changement climatique rend les schémas de production solaire plus étroitement liés au-delà des frontières nationales.


En utilisant des modèles climatiques avancés projetant des conditions futures jusqu’à l’an 2100, les chercheurs ont examiné les cinq pools énergétiques régionaux d’Afrique. L’étude a révélé que la hausse des températures et l’évolution des systèmes météorologiques créent des connexions plus fortes entre les pays, augmentant la probabilité que plusieurs régions connaissent simultanément une faible production solaire.


Plusieurs facteurs contribuent à cette tendance. Des températures plus élevées réduisent l’efficacité des panneaux solaires, tandis que les systèmes de mousson changeants et les tempêtes de poussière provenant du désert du Sahara peuvent affecter le rayonnement solaire sur de vastes zones. Ensemble, ces conditions rendent la production d’énergie solaire plus vulnérable dans des régions entières.


L’impact devrait varier selon les pools de pouvoir africains. Les pools de puissance d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale sont les plus exposés au risque. Dans un scénario à fortes émissions, les deux régions pourraient connaître plus de 100 jours solaires synchronisés à faible intensité par an d’ici la fin du siècle. En Afrique centrale, cela représenterait une augmentation spectaculaire par rapport aux niveaux historiques, qui étaient en moyenne moins de 25 jours de ce type par an.


Le Bassin de la Puissance de l’Afrique de l’Est devrait également faire face à des défis croissants. La situation est d’autant plus compliquée qu’une part importante de la capacité solaire de la région est concentrée dans un nombre limité de pays, dont l’Égypte.


En revanche, le bassin de puissance de l’Afrique australe semble plus résilient. Sa vaste couverture géographique et ses conditions météorologiques variées réduisent la probabilité de baisses simultanées de la production solaire. Les chercheurs ont également constaté que les schémas solaires en Afrique australe diffèrent souvent de ceux de l’Afrique de l’Ouest et de l’Est, ce qui suggère que des connexions continentales plus fortes pourraient aider à équilibrer l’approvisionnement en électricité en période de pénurie.


L’étude souligne que les marges de réserve actuelles de 15 % à 20 % pourraient ne pas être suffisantes à l’avenir. Les chercheurs recommandent que les planificateurs énergétiques intègrent les risques liés au climat de synchronisation solaire dans la planification du réseau, le développement du transport et les stratégies de gestion des réserves. Ils soulignent également l’importance de combiner l’énergie solaire avec l’éolien et l’hydroélectricité pour garantir des systèmes électriques fiables et stables à travers l’Afrique.


Par Mohan Gupta

Rédaction : Bertrand GUERI